Condition sine-qua-none pour établir un acte de mariage non vicié, la dot (sadaq) s’avère être perçue de nos jours plus comme une contrainte sociale qu’une contrainte religieuse à laquelle ne déroge pas le mariage marocain. En quoi consiste donc la dot ? À combien s’élève t elle ? Et pourquoi a-t-elle été instaurée ? Plein zoom sur le «sadaq»

La dot, un impératif dans le mariage marocain

C’est bientôt le jour J pour nos deux mariés. Les deux familles respectives ont convenu d’officialiser les choses dans le respect des traditions. Tout se passe bien tout au long de la soirée et les deux familles semblent parfaitement s’entendre, jusqu’au moment où l’on passe aux choses sérieuses en évoquant la cérémonie et le «sadaq».

Combien demander ?

Alors qu’ils avaient convenu préalablement une somme symbolique comme dot, le père de la mariée exige à présent du marié qu’il lui verse 20 000 DH comme avance et 20 000 DH comme partie échue de la dot. Une exigence qui a failli réduire à néant deux ans de relation amoureuse, si ce n’est que le couple, prêt à surmonter tout obstacle, a décidé de contracter un prêt pour satisfaire la demande du père de la jeune mariée pour ne pas mettre en péril leur mariage. Ce genre de situation est plus que fréquent au Maroc. En effet, bien souvent les parents de la mariée demandent des montants exorbitants, ce qui va à l’encontre de la religion musulmane aussi bien que du code de la famille.

Le sadaq : question d’accord et de consentement

Les adouls sont unanimes sur la définition de la dot comme étant un pilier du mariage et une condition intransgressible qui a été soulignée dans le Saint Coran et la Sunna. Néanmoins, aucune limite n’a été fixée, son montant dépend de la condition financière de l’époux, et son versement ou encore sa valeur n’est pas toujours pécuniaire, avant de préciser « L’essentiel est que le “sadaq” soit basé sur l’accord mutuel ».

Qu’en dit le code de la famille au Maroc ?

Le code de la famille a pour sa part consacré un chapitre à la dot, précisant dans son article 26 que «Le “sadaq” consiste en tout bien donné par l’époux à son épouse, impliquant de sa part la ferme volonté de créer un foyer et de vivre dans les liens d’une affection mutuelle. Le fondement légal du “sadaq” consiste en sa valeur morale et symbolique et non en sa valeur matérielle».

En outre, l’article 28 dispose : « Tout ce qui peut faire légalement l’objet d’une obligation peut servir de “sadaq”. Il est légalement préconisé d’en modérer le montant.

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Le Sadaq, devenu un vrai fardeau dans le mariage marocain

Des éclaircissements qui continuent toutefois à échapper à bon nombre de familles marocaines qui réclament des montants importants. Ce qui engendre la réticence de plus en plus de mariés à franchir le pas, à cause de la lourde charge financière qu’incombe un mariage et au sentiment de chantage auquel ils se sentent pris. Des propos rapportés accusent, non sans amertume, l’intérêt que portent certaines familles à cette dot, et le négoce entrepris dans le but de faire fortune. Certains vont jusqu’à s’approprier la dot offerte par l’époux. Les exigences de la belle-famille vont bon train, dot, présents, organisation de la cérémonie fort coûteuse, sans scrupules ni égard à la situation financière du marié mais avec la ferme certitude que le meilleur moyen de mesurer l’amour que leur futur gendre porte à leur fille doit obligatoirement se faire par le biais de l’argent.

Le sadaq, propriété exclusive de la mariée

Dans d’autres cas, c’est le marié lui-même qui prétend de sa future femme un apport en contrepartie. L’article 29 précise que le “sadaq” consenti par l’époux à l’épouse devient la propriété de celle-ci ; elle en a la libre disposition et l’époux ne peut exiger d’elle, en contrepartie, un apport quelconque en ameublement ou autres.

Le sadaq n’est pas un prix, c’est un cadeau

Par ailleurs, de plus en plus de jeunes femmes fustigent contre la dot qu’elles estiment insultante, les réduisant à une marchandise dont l’acquisition est négociable. Un avis que réfutent les adouls, déclarant que la dot est un présent que le mari offre à sa femme dans le but de consolider leur attachement mutuel, comme n’importe quel autre présent.