Le mariage marocain s’est toujours distingué par sa préservations des us, des coutumes et des traditions ancestrales qui se perpétuaient et se transmettaient de génération e génération. Ceci se constate à travers les costumes, les plats servis, et même dans l’organisation et le déroulement de la cérémonie du mariage. L’une de ces traditions est le defou3 où le jeune marié accompagné de ses proches présentent ses offrandes à sa promise le jour de henné. Son arrivée est annoncée par un groupe de musiciens, généralement Aissaoua ou Dekka marrakchia.

Aissaoua

En parlant d’Aissaoua, ils sont souvent sollicités pour animer différentes cérémonies notamment dans les fêtes musulmanes, naissances, circoncisions et mariages. Leur prestation allie les chants soffis et les danses de transe collective. Issus de la ville de Meknès Aissaoua est à la base une confrérie religieuse «Tayfa» se basant sur la Hadra, qui remonte au XVIe siècle et qui se réfère à Cheickh El Kamel El Hadi Ben Issa, un adepte du soufisme.

Marrakech et sa famous Dekka Merrakchiya

La ville ocre a exporté également son héritage culturel à toutes les villes du royaume notamment avec la dekka merrakchiya qui se base sur une frappe rythmée des mains. Cette pratique réunit initialement les artisans de la ville qui cherchent à créer un moment de détente et de joie entre eux. Et ce sont les tanneurs qui sont les initiateurs de cette pratique d’ailleurs, les rythmes et les mouvements adoptés rappellent certaines étapes du tannage des peaux. Les musiciens portent des djellabah et des taguiya se réunissent en demi-cercle pour entamer la dekka à un rythme assez lent qui gagne graduellement en cadence. Héritage culturel datant de l’époque de la dynastie de Saadian, la dekka merrakchiya est présente pour célébrer la fête d’Achoura à travers une variété musicale exclusivement masculine, fondée sur des percussions polyrythmiques et des chants choraux.

Nouvelle tendance : Debbka Loubnaniya

Ces deux styles musicaux animent souvent les mariages marocains, mais de nouvelles tendances se sont introduites inspirées par des cultures orientales notamment la Debbka libanaise. Il s’agit d’une danse folklorique présente dans les mariages, les banquets et les fêtes occasionnelles au Liban et dans plusieurs pays environnant notamment la Syrie, la Jordanie et la Palestine. La danse est présidée par un meneur dit Ras qui tient à la main une masbaha, alors que les autres danseurs suivent le rythme en frappant le sol du pied et en laçant des cris pour donner du punch à la danse.

Cette pratique réputée dans le moyen orient s’est introduite dans la culture marocaine graduellement pour être adoptée dans certaines cérémonies notamment le mariage. En quête d’originalité et de divertissement peu communs, les familles des jeunes mariés essaient de créer une ambiance unique au profit de leurs convives. La debbka se forge un nom dans les célébrations marocaines, mais ne saura jamais supplanter les danses traditionnelles marocaines qui créent l’identité des festivités locales. D’ailleurs au fil des ans les coutumes et les traditions marocaines ont su résister aux influences étrangères que ce soit en matière de costumes, de gastronomies, d’organisation de mariages, etc. qui certes suivent l’évolution mais tout en préservant l’essence même de la tradition marocaine. La debkka une tendance qui fait la Une aujourd’hui mais qui sera certainement évincée avec l’apparition d’autres nouveautés alors que pour Aissaoua et Dekka Merrakchiya ce sont des danses qui remontent à plusieurs siècles et qui résisteront encore tant que la tradition est perpétuée et tant qu’il y a des gens qui préservent et conservent le patrimoine culturel marocain.